REFLEXIONS

Articles par Frederic Chiu

 

Raisonnements en faveur de la collaboration

« …Et sur le sujet des ‘boîtes à outils intellectuels’. Combien de structures analytiques utilisez-vous activement ? Scott Page nous à fait part de ses recherches sur l’importance de la diversité dans le processus de choix. C’est-à-dire avoir un group de personnes avec des ‘boîtes à outils intellectuels’ différents les un des autres. Nous utilisons tous des modules mentaux pour voir le monde. Les physicistes en utilisent certains, les biologistes d’autres, les investisseurs d’autres encore et les agents de change toujours d’autres. Nos expériences de vie, les environnements dans lesquels nous nous trouvons, exerce une influence directe sur les ‘boîtes à outils’ (et les préjugés) que nous développons. À titre d’illustration, imaginons qu’il n’existe que 50 modules mentaux – donc 50 structures différentes pour résoudre un problème donné. Disons que Alice en connaît 20 d’entre eux. Et disons que Bob en connaît 12. Quelles sont les probabilités que Alice connaisse tout ceux que connais Bob ? Cela fait un sur 4 milliards ! Avec 100 boîtes à outils, il y a 17,310,309,456,440 façons de combiner des collections de 10 boîtes. Qu’est-ce que cela implique ? Cela implique que tout le monde a des outils différents à disposition et que personne n’est en fait plus brillant qu’un autre, et que les collaborations avec des gens qui ne pensent pas comme vous sont probablement aptes à vous livrer des résultats très intéressants. La nanotechnologie dans les laboratoires de recherche universitaires est la quintessence de ce phénomène. E.O. Wilson le nommait la Consilience. J’ai moi-même parlé de Tour de Babel inversée. Peu importe l’imagerie, l’ouverture des barrières interdisciplinaires est en train d’engendrer des avancements révolutionnaires. L’un des exemples les plus prééminents en est dans les Cambrios artificiels d’Angela Belcher, produits par un amalgame de biologie et des semi-conducteurs. »

Ceci est extrait d’un journal sur la nanotechnologie auquel je suis abonné. En tant qu’étudiant, j’ai poursuit des cours de technologie informatique parallèlement à mes études de piano. La combinaison des disciplines et leurs modes de pensée a toujours été une idée clef pour moi, et l’explication ci-dessus, bien qu’un peu technique, démontre bien les raisons pour lesquelles cela fonctionne.

Cela me fait aussi penser à l’importance du travail collaboratif dans la musique. C’est dans la confrontation d’idées musicales, les différents réflexes et habitudes de travail, les sonorités et gestes d’autres musiciens que nous puisons le matériel que nous pouvons par la suite cogiter et tester dans nos studios de travail.

Certaines idées fonctionnent dans le vide, mais échouent en pratique. D’autres marchent en pratique, mais manquent l’élégance de l’abstrait. Une combinaison des deux– travaux isolés puis tests de confrontation, dans l’ordre – semblent produire le plus d’innovation dans la pensée et le jeu.

Qu’avez-vous tiré du processus de jouer avec d’autres musiciens ? Qu’avez-vous tiré d’autres disciplines en dehors de la musique ? Vos expériences m’intéressent.

Bon travail, et n’oubliez pas de voter !

Frederic
10/22/04

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Souvenirs Envahissants

Ayant récemment repris une œuvre que j’ai apprise et jouée pendant une période particulièrement difficile de ma vie, je me suis mis à penser au sujet des souvenirs.

Durant mon travail, des images et émotions refoulées depuis de nombreuses années me sont revenus en cascade.

Plutôt que de prendre ces pensés comme des nuisances, je les ai accueillis avec plaisir, et j’ai accepté de jouer ces œuvres en concert dans l’objectif de venir à terme avec des souvenirs et émotions que j’étais peut-être maintenant prêt à mieux comprendre. 

D’habitude, ce genre de pensée ‘nuisible’ ou ‘hors sujet’ serait reçu de façon négative, une rupture au processus normal d’apprentissage. Cependant, en tenant compte de la place énorme que ce genre de pensée prend sur notre esprit, pouvons-nous réellement forcer notre corps et cerveau à jouer cette musique sans aborder ces questions, sans engager toutes nos ressources à disposition ?

Les parties de nous qui recèlent ces émotions puissantes ne sont pas séparées et réservées exclusivement a une partie de nos pensées. Au contraire, leur présence est distribuée, intégré à chaque partie de notre cerveau, de notre corps, dans les mêmes domaines auquel nous faisons appel afin d’interpréter de façon vraiment engagé.

Mieux vaut accepter la présence de nos émotions que faire l’effort de les éviter.

« Comment puis-je m’engager à bien jouer ce passage tandis que ces pensées envahissent ma conscience et ces émotions s’emparent de mon esprit ? ». Traduit dans le domaine physique, dans lequel nous avons une compréhension plus instinctuelle, nous pourrions demander : « comment puis-je entraîner ma main à jouer ce passage d’une nouvelle manière, quand je l’ai déjà entraîné à jouer d’une autre façon, ». Cela demande de partir d’un point où l’on se trouve (un jeu lent, par exemple) et de naviguer vers une autre destination (le même passage plus rapide).

Dans notre conscience, nous devons nous entraîner à être capable de penser à ce que nous avons besoin de penser, tout en permettant à d’autres pensées de nous envahir. Lentement, ces pensées ‘nuisibles’ vont ironiquement commencer à prendre moins de place, et nous seront plus en phase avec les pensées que nous recherchions au départ.

Par une ouverture à nos émotions relatives à l’acte de jouer, et en essayant de trouver un moyen de jouer dans cet état, petit à petit nous nous pouvons découvrir un autre état, dans lequel les sensations de détermination, de désire et d’engagement viennent à dominer les sensations de peur, d’angoisse ou de colère.

Si vous avez eu des expériences en accord ou en contradiction avec ces idées, j’aimerais beaucoup entendre vos avis. Ecrivez-moi dans le forum !

Travaillez heureux !

Frederic
5/25/04

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Renouveler Votre Motivation

Les méthodes et exercices précis que j’introduis aux stages DPS sont efficaces du moment qu’ils restent frais et actuels. La clef est de reconnaître quand une action est devenue réflexe.

Il existe des réflexes physiques (marcher), réflexes mentaux ( « 2 + 2 = ? » - vous avez pensé « 4 » ?) ; et des réflexes émotionnels ( « un chat a été écrasé par une voiture » - vous avez senti une pointe de dégoût, ou de tristesse ? ). Les réflexes sont essentiels pour notre survie, mais il est possible d’en prendre plus conscience, et donc de les contrôler et les modifier au besoin. 

Les exercices auxquels nous nous exposons sont conçus pour ébranler nos réflexes, en nous obligeant à agir autrement que ce à quoi nous avons l’habitude. De cette façon, nous pouvons voir les domaines dans lesquels nous avons de la facilité et ceux ou nous résistons. Ceci nous donne une meilleure image des réflexes qui sont en place.

Dans le cas ou un réflexe dont le but est de provoquer une résistance, devient si habituel qu’il devient ‘facile’, alors il n’est plus un bon sondeur de nos réflexes – il est devenu réflexe ! Nous pouvons toujours en apprendre des choses, mais il est important d’être conscient que nous sommes dans ce cas en train de renforcer un réflexe plutôt que de conduire une recherche sur les réflexes qui sont déjà en place en nous.

Par l’évolution de nos exercices, la reprise d’un exercice que nous n’avons pas utilisé depuis longtemps, ou la conception d’un nouvel exercice, nous pouvons raviver nos énergies et relancer le processus de recherche avec une nouvelle motivation et de nouvelles idées.

Voici un exemple : vous vous engagez dans un travail de recopiage de partition afin d’affiner votre sens de l’observation. Le processus est devenu rapide et efficace, et vous reconnaissez facilement des détails qu’auparavant passaient inaperçus. Essayez de changer l’exercice : recopiez la partition de la fin au début, ou à l’envers. Vous allez peut-être découvrir de nouvelles choses !

Bonne chance et bon travail !

Frederic
01/20/04